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Le mariage traditionnel
Le mariage traditionnel

Des "ambiets" pour la vie


de Marie-Thé Laurentin


Marie-Thé Laurentin est écrivaine et conférencière.
Elle a notamment publié « Dentelles de vie » aux éditions Siloë.



Louise revient sur terre et s’invite au mariage de sa descendance. Malgré l’évolution des modes, parmi les invités nombreux et endimanchés, elle reconnaît sans peine l’officiant, la parentèle proche, les mariés. Elle perçoit l’importance du consentement qu’ils se donnent l’un à l’autre, revit la remise des anneaux, apprécie le sens des textes qu’elle juge très beaux, enfin elle participe aux cantiques chantés en français. Elle vibre quand la mariée entre dans l’église au bras de son père et ressort au bras de son mari. Mais sa surprise est grande lorsqu’elle découvre que les époux cohabitent depuis plusieurs années, que la robe Princesse en plumetis masque judicieusement une grossesse déjà bien avancée, que la petite fille qui porte la traîne est celle que le marié a eu d’un précédent concubinage. Curieusement, les parents paraissent satisfaits, la mariée est en blanc avec voile et couronne, le curé ne fustige pas l’incartade des époux, qui ont droit à une messe solennelle avec carillon d’honneur et tapis rouge dans une église embaumée par le parfum des lys.

Ne sachant plus à quelles reliques se fier, elle songe aux termes de l’homélie du curé Bourasseau qui, en un autre temps, a célébré son mariage :« Deux cœurs se rencontrent sur le chemin de la vie. Il veulent se donner l’un à l’autre, mêler ensemble leurs joies, leurs peines, leurs consolations. Tel est bien le mariage. Je ne veux pas retarder plus longtemps votre bonheur. Vous allez prononcer les paroles qui vont lier à jamais vos deux existences. Donnez-vous la main droite.»
De même que Jean et Louise, les couples de nos campagnes, bien incapables de conceptualiser le rite qu’ils vivaient, savaient pourtant que le mariage était un acte où Dieu les rejoignait dans une circonstance particulièrement grave.

1 - OUI : le caractère sacré du mariage

L’importance du sacrement

A la question : « Qu’est-ce que le mariage ? », le catéchisme de Luçon de 1904 donne cette réponse : « C’est un sacrement qui sanctifie l’alliance de l’homme et de la femme et qui leur donne la grâce de vivre dans une sainte union et d’élever leurs enfants dans l’amour et la crainte de Dieu. » L’action de Dieu à travers des gestes humains confère à l’institution du mariage une dimension surnaturelle. Les époux se donnent l’un à l’autre sans retour. Ils sont liés indissolublement jusqu’à la mort en vivant leur don mutuel.
Entre baptisés, il ne peut y avoir de contrat matrimonial qui ne soit sacrement. Ecoutons ce passage du sermon du curé d’une paroisse vendéenne en 1940 : « Un sacrement est une chose mystérieuse parce que sous des apparences visibles très simples et parfois chétives, Dieu a caché des réalités très grandes qui échappent à nos regards. Ainsi en est-il dans le mariage. » Le mariage religieux sacralise l’union d’un homme et d’une femme. Ainsi l’évangile de la messe rappelle : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, ils seront deux dans une même chair ». Dieu donne aux nouveaux mariés l’ordre de poursuivre son œuvre créatrice, de grandir et de se multiplier… Aussi, la grandeur de ce sacrement leur apportera réconfort dans l’obéissance aux lois imposées par ce nouveau lien.

Mais cet engagement humain devient un symbole, un signe de l’engagement d’amour de l’alliance de Dieu avec les hommes et de l’union entre le Christ et l’Eglise. Cette conception mystique du mariage, qui dépassait certainement ses acteurs, trouvait écho dans une foi populaire et profonde. Ils ressentaient la transcendance à travers une cérémonie majestueuse et mystérieuse et étaient imprégnés des obligations qui en découlaient. Ils avaient conscience d’un acte important, sacré, qui les engageait pour la vie et bien au-delà. L’opinion courante retient que c’est le curé qui fait la célébration alors que ce sont les époux eux-mêmes qui se donnent le sacrement, puisqu’il naît de leur consentement. « Le curé Untel nous a mariés » se souvient-on…

L’importance du consentement

La «matière » du mariage est le « oui ». On se situe ainsi dans la tradition romaine pour laquelle c’est le consentement qui constitue le mariage, par opposition à la tradition germanique qui le fondait sur la consommation de l’union.
Si les époux sont ministres du sacrement qui les unit l’un à l’autre et à Dieu, c’est le prêtre qui recueille les consentements : « Le oui que vous allez murmurer à mi-voix devant le délégué de l’Eglise est peu de chose en apparence mais il sera le fondement des grâces inépuisables que le Bon Dieu vous réserve tout le long de votre vie. » L’officiant, témoin obligatoire depuis le Concile de Trente, bénit l’union. La formule du rituel pour l’échange des consentements n’a pas changé jusqu’à Vatican II. Elle est prononcée en langue courante contrairement à l’ensemble du rituel qui est en latin :
« Mademoiselle, Monsieur, je dois vous rappeler le caractère auguste de ce sacrement. »
« Monsieur… voulez-vous prendre pour légitime épouse Mademoiselle …ici présente, selon le rite de notre Mère la sainte Eglise. » Le prêtre interrogeait l’époux puis l’épouse. « Oui, je le veux », répondaient-ils avec émotion tandis que l’assistance retenait sa respiration et que les femmes chiffonnaient leurs mouchoirs. L’officiant les invite alors à joindre leurs mains droites, il les déclare « unis en mariage » et les bénit.

L’importance de l’anneau

La fille d’un ancien bijoutier se souvient que le samedi, jour de publication des bans ou « jour des affiches », l’anneau pour la mariée et, selon les moyens, ses médaille et bague, étaient achetés en présence des parents, des parrains et marraines, parfois de la couturière qui ajoutait son « grain de sel ». En commerçant avisé, son père arrosait l’événement avec la clientèle. Elle se souvient également que le jonc unique destiné à la femme avait laissé place progressivement à deux anneaux, un pour chaque époux.
« Le couple modeste de mes grands-parents avait acquis une seule alliance pour ma grand-mère, rapporte ce témoin. Quant à mon père, marié en 1920, son travail pénible et salissant lui interdisait de la porter. J’en ai hérité à son décès. » En fait, pendant des siècles, le prêtre n’a béni que l’alliance de l’épouse . Le missel l’intègre enfin pour l’époux en 1969 alors que l’usage s’en était depuis longtemps généralisé. « Le symbole d’union consacrée est par excellence la bague ou alliance… La bénédiction confère à l’amour un caractère sacré. » (Van Gennep : Du berceau à la tombe)

Chargé de plusieurs connotations, il marque la force d’un lien, avec la perte de l’indépendance et de la liberté. Les jeunes mariés déclaraient malicieusement : « On nous a passé le licou », la corde mise au cou des bêtes pour les attacher. Mais les futurs relevaient aussi avec humour l’engagement, voire l’enchaînement dans un projet mutuel : « On est allé acheter les ambiets », ces fixations du joug des bœufs qui rappelaient la chaîne d’esclavage. Le terme conjugium, l’un des noms latins du mariage, désignait dans son sens premier l’attelage des bœufs à un joug commun. Il évoque l’union des sexes. « Dans la mentalité populaire, anneau, virginité et sexualité sont longtemps restés liés… C’est le symbole du pouvoir sexuel que l’homme exerce sur la femme. » et qui s’affirme au moment où il est passé au doigt, note Jean-Claude Bologne dans son Histoire du mariage. Cette interprétation explique sans doute le défaut d’alliance pour une veuve qui se remariait.

L’anneau incarne aussi le rapport de domination - soumission. L’homme le place au doigt de son épouse et se le met personnellement. Il existe tout un rituel de son enfoncement, laissant présager qui sera le maître au foyer selon la plus ou moins grande résistance de la femme à le laisser glisser au-delà de la deuxième phalange. Si l’anea coule d’aisine (facilement), le mari peut être rassuré, la patronne « ne portera ni la culotte ni les sabarons », en d’autres termes il exercera seul l’autorité. Aucun texte religieux ne l’impose et pourtant sa bénédiction et sa remise, fixées par le rituel, constituent un moment vibrant de la cérémonie. Les pièces du treizain que l’époux offre à sa bien-aimée sont bénies en même temps. Cette coutume rappelle les arrhes versées autrefois pour l’achat de l’épouse ; La treizième pièce est retenue par le prêtre, les douze autres remises à la mariée comme gage de prospérité ou comme réserve en cas de malheur. Le métal utilisé, plus ou moins onéreux, mesure l’aisance des familles. Cette tradition observée en Vendée tout au long du XIXème siècle perdurera localement au début du XXème siècle. En résumé, ce bijou, qui attache deux existences, incarne les qualités et devoirs inhérents au mariage. Il indique l’appartenance et la fidélité de la femme qui ne doit jamais l’ôter. Sa matière, souvent l’or, le plus précieux des métaux, sa forme arrondie signent le lien unique d’un amour sans fin

Chacun se souvient d’un vieil oncle nostalgique qui, pendant le repas de noces, créait l’émotion en entonnant « Le bel anneau que vous m’avez donné » et terminait en chevrotant : « Et quand je dormirai tranquille sous les roses, je veux qu’il brille encore ». « Jhan dô sau », l’annulaire dans notre patois, recevait l’anneau. La petite veine qui le relie directement au cœur fait de ce doigt de la main gauche le support de l’alliance, mince filet d’or qui évoque la réalité même de l’institution. Cette union sera « pour toujours » c’est-à-dire éternelle et indissoluble. Les échos de la messe carillonnée qui annoncent l’événement à la paroisse et le passage devant l’autel qui le consacre, témoignent du rôle majeur de l’Eglise dans l’institution matrimoniale.


2 - Une union « pour toujours » : le rôle de l’Eglise

L’épisode religieux ne constitue pas une simple cérémonie des apparences donnant au mariage un caractère solennel, il affirme la compétence de l’Eglise dans la création d’une nouvelle cellule religieuse et sociale : la naissance d’un foyer. Le rituel liturgique rend public le changement d’état et l’organisation matérielle reproduit les règles qui régissaient une société hiérarchisée. Les familles choisissaient leur « classe », qui marquait leur rang. Entre la première classe, majestueuse et la quatrième, gratuite, sans messe et sans discours, on observait toute une gradation dans l’ornementation de l’autel, le nombre de bouquets, de cierges, de tapis, de carillons, de chantres, de choristes, et l’habillement du prêtre avec ou sans chape. Ce système fournissait des ressources au clergé pour son intendance et ses œuvres.

Il n’existait aucune préparation au mariage, on rencontrait le prêtre seulement pour commander la messe et la publication des bans. « Nous faisons savoir à tous ceux ici présents que Louise et Jean sont dans l’intention, Dieu aidant, de contracter mariage ensemble… » Cette annonce au prône pendant trois semaines ainsi que l’affichage dans le fond de l’église garantissaient la publicité de la future union et chacun se devait de déclarer tout empêchement dont il avait connaissance. Les tourtereaux, timides ou superstitieux, n’osaient assister à la messe où était annoncé leur mariage. Des dispenses de bans étaient accordées pour les deux dernières semaines selon un tarif adapté à la classe du mariage. Le clergé contrôlait la pureté des consentements et garantissait la protection des individus et la discipline du groupe.


La pureté des consentements ou les empêchements

Dans son petit rituel encore en vigueur à la fin du XIXème siècle, l’Abbé Réaume édifie les paroissiens des diocèses de France : « Le mariage exerce une si grande influence sur la société que l’Eglise a cru devoir de tous temps tracer des règles, poser des barrières nombreuses, afin de prévenir les désordres graves que les passions humaines n’auraient pas manqué d’y introduire. De là, les empêchements canoniques qui ont le double but d’assurer la légitimité des unions et de sauvegarder les droits des tiers et la morale publique. » Bon nombre de ces empêchements sont de droit naturel et communs au mariage civil. Les empêchements canoniques simplement prohibitifs laissaient le mariage valide : il s’agissait par exemple du défaut de consentement des parents ou du défaut de publication des bans
Tout autres étaient les empêchements dirimants, dont la seule évocation, telle une traînée de poudre, enfermait certaines familles dans un mystérieux ghetto de tares inavouables. Cet ancien enfant de chœur se souvient de son étonnement à la célébration d’un mariage tôt le matin, sans festivités, devant le petit autel de saint Joseph. Le jeune homme épousait la sœur de sa marâtre. Ainsi, l’on ne pouvait convoler avec son filleul ou la fille adoptive de son oncle. Mais surtout, la consanguinité, objet d’un savant calcul de degrés de parenté entre les candidats, était redoutée comme la peste.
Parfois, l’autorité religieuse fermait les yeux sur cet empêchement. C’est ainsi que quelques familles se retrouvaient aussi riches en hectares fertiles que pauvres en gènes vigoureux. Le curé se devait d’obtenir la dispense de certains empêchements révélés par l’enquête réglementaire, moyennant le paiement d’une taxe, proportionnelle à la solennité du mariage. Enfin, les futurs époux comparaissaient devant le tribunal de pénitence, ils recevaient l’indispensable billet de confession rédigé en latin : « J’ai entendu en confession un tel en vue de son mariage ».
Une fois ces précautions prises, le père de la mariée peut la conduire à l’autel, au sortir de la messe elle apparaîtra au bras de son époux. La consécration du changement et la naissance d’un nouveau foyer fidèle à la tradition matrimoniale étaient officialisées sur la place publique.


La morale matrimoniale

L’optique de l’Eglise dans la moralisation de l’institution se rapprochait de celle du pouvoir civil : veiller à la sauvegarde de la famille dans un contexte économique fragile, former des chrétiens, des citoyens balisés, structurés, mobilisés par un idéal. La psychologie des garçons et des filles était parfaitement ignorée, l’enseignement sur les « choses du sexe » avait été dispensée en latin pendant les études diaconales. Selon leur tempérament, certains prêtres mariaient des anges mais d’autres diabolisaient toute approche sexuelle. Pourtant, de simples pasteurs, avec l’intelligence du cœur et la vaillance de leur foi, présentaient le sacrement comme gage de bonheur terrestre et viatique pour le ciel. Quelle que soit leur personnalité, leur rôle fixé par le droit canon était non seulement de contrôler la régularité des consentements mais de faire respecter une morale matrimoniale protectrice de la femme, du couple, de la famille.
En l’absence de formation théorique au mariage, cette morale s’imposait par imprégnation, imitation. Les uns obéissaient par vertu naturelle, les autres par crainte, beaucoup par nécessité, les malins composaient avec la bonne nature.

L’Eglise veillait à la pureté des mariés et surveillait l’expression d’une libido prématurée et intempestive, en rappelant les sixième et neuvième commandements de Dieu :
« Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement.
« L’œuvre de chair ne désireras qu’en mariage seulement ».

Elle était plus exigeante avec la vertu des filles qu’avec celle des gars. Un témoin affirme sans culpabiliser : « J’avais jamais connu ma femme avant notre mariage mais, nom de d…, j’en avais bé connu d’autres ». La virginité de la mariée était sacralisée : « Tu rentreras dans notre maison avec ta couronne de fleurs d’oranger, » ordonnait ce galant. De nombreux rites la sublimaient : bénédiction spéciale, remise du bouquet et de l’écharpe des Enfants de Marie sur l’autel de la Vierge, respect des nuits de Tobie. Ces trois nuits d’abstinence, que l’on offrait à la Vierge, en repoussant la consommation de l’union, la mettaient à l’abri des débordements festifs. Tous ne respectaient pas cet usage, estimant que les nuits d’abstinence ils « en avaient bé assez douné avant ». Le sang vigoureux de nos aïeux provoquait quelques transgressions : ceux que l’on mariait sans les cloches, par la petite porte, à la cloche de bois, à la chandelle, qui célébraient les vêpres avant la messe ou fêtaient Pâques avant les Rameaux en gardent un souvenir amer. Cependant, une fois la situation régularisée, les enfants conçus dans le péché sont accueillis chrétiennement.

Par leur parole, les époux s’engagent à l’assistance et à l’aide mutuelles jusqu’à la mort : c’est la traduction concrète de la dimension de fidélité et d’indissolubilité du mariage. Interdit, le divorce éloigne définitivement de l’Eglise et des sacrements, même celui qui est « enrossé » ne peut l’envisager. En cas de violences manifestes, on autorise la séparation de corps. Mais les protagonistes ne se trouvaient jamais très éloignés, la femme restant par exemple dans la maison principale avec la charge du travail et des enfants, l’ivrogne étant relégué dans un gourbi au fond du jardin. Le « croissez et multipliez-vous » fonde la dimension de fécondité et son corollaire l’interdiction de toute contraception. Le code de droit canon de 1917 place au sommet de la hiérarchie des fins du mariage la procréation. On se marie pour avoir des « drôles », ce qui rejoint les préoccupations démographiques de la nation.
La constitution d’une famille s’inscrit dans la continuation de la lignée. Le lien avec les générations précédentes s’impose par la messe des morts et par la visite aux tombes la veille de la cérémonie.

Enfin, l’amour conjugal apparaît comme la dimension la plus récente du mariage religieux après que tous les conditionnements pesant sur le mariage ont été desserrés par le progrès économique, social et culturel et que le cœur a pu enfin s’exprimer. Mais la tradition chrétienne n’a jamais su à l’époque intégrer sereinement la sexualité dans l’harmonie de cet amour. Dans l’inconscient , les noces devant Dieu étaient lourdes de signification. Quand, en moyenne, l’espérance de vie commune ne dépassait pas quinze années, le couple s’en remettait à son créateur dans un besoin d’exorcisme. Il craignait une vie trop courte pour que l’amour pût s’y épanouir alors qu’aujourd’hui on redoute que l’amour ne résiste pas à la durée.

Ultime idéal, les époux choisissaient d’aller au ciel par la voie du mariage. La solennité, la majesté du sacré créaient une atmosphère envoûtante pour l’expression d’une foi sociologique, mièvre, naïve, crainte divine pour les uns, foi authentique, inexplicable don de Dieu pour les autres, avec la sublimation de valeurs devenues évanescentes comme la teinte de ces souvenirs de mariage que l’on encadrait.


© Marie-Thé Laurentin, Revue FDLR juin-juillet-août-septembre




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